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Définition

Dolichocéphale

Dolichocéphale désigne un chien ou un chat au crâne allongé et au museau long, tout à l'opposé des faces écrasées des races à museau court. Le lévrier, le colley ou le teckel en dessinent les silhouettes les plus familières. C'est aussi, dans sa forme modérée, la tête la plus proche de celle du loup, l'extrémité de l'éventail canin où respirer ne coûte aucun effort.

Dolichocéphale en détail

Chez le chien comme chez le chat, la forme du crâne se lit sur un seul axe : la longueur du museau. Les animaux dolichocéphales en occupent l'extrémité longue, celle des lévriers (le whippet, le barzoï, le saluki), mais aussi du colley ou du teckel. À l'autre bout logent les faces plates des races brachycéphales ; au milieu, la majorité des chiens, dits mésocéphales.

Ce long museau n'est pas qu'une affaire de profil. C'est d'abord une surface d'échange : à l'intérieur court un large tapis de muqueuse humide sur lequel l'eau s'évapore à chaque halètement. Plus le nez est long, plus cette surface est grande, et mieux l'animal évacue sa chaleur. Le museau du dolichocéphale est, avant tout, un radiateur.

À l'inverse des races à face courte, ces animaux respirent et se rafraîchissent sans obstacle : les voies aériennes suivent la taille du crâne, au lieu de s'y replier. Comme le montrent Packer et coll., le lien entre la longueur du museau et la facilité à respirer est graduel : plus le museau s'allonge, plus le risque respiratoire s'efface.

Origine et étymologie de dolichocéphale

Le mot dolichocéphale vient du grec δολιχός (dolikhós, long, allongé) et κεφαλή (kephalê, tête) : littéralement, une tête en longueur. Le terme apparaît au milieu du XIXe siècle, dans le vocabulaire des naturalistes qui classaient les crânes par leur forme, humains d'abord, animaux ensuite.

À l'origine, le terme ne juge rien : il décrit une géométrie, pas une qualité ni un défaut. C'est en comparant les extrêmes que le dolichocéphale est devenu la figure de la tête qui fonctionne.

Dolichocéphale : enjeux sociétaux

  • Le repère de ce qu'est une tête qui respire : dans le débat sur les races à face plate, le dolichocéphale sert de point de comparaison. Museau long, narines ouvertes, gorge dégagée : c'est l'extrémité de l'axe où le syndrome obstructif des voies respiratoires (en anglais BOAS, brachycephalic obstructive airway syndrome) ne se rencontre pratiquement pas.

  • Mieux armé face à la chaleur : le halètement est le principal moyen dont dispose le chien pour se rafraîchir, et un long museau le rend efficace. À l'inverse, les races à face plate comptent parmi les plus exposées au coup de chaleur : le dolichocéphale se tient du bon côté de ce risque.

  • Long ne veut pas dire à l'abri de tout : un museau fonctionnel ne protège pas des autres dérives de l'élevage. Les lévriers, par exemple, restent particulièrement sensibles à certaines anesthésies. Le dolichocéphale échappe au coût respiratoire de la face plate, pas à l'ensemble des problèmes liés à la sélection.

Les lévriers en sont l'exemple type : whippet, barzoï, saluki, lévrier afghan. On y rattache aussi le colley ou le teckel, tous deux reconnaissables à un museau nettement plus long que large.

Oui, pour la respiration : il échappe au syndrome obstructif des voies respiratoires qui gêne les races à face plate. Mais aucune forme de crâne ne met à l'abri des maladies héréditaires ; la santé d'un chien tient aussi à ses lignées et à son élevage.

En partie. Le loup et les premiers chiens ont un museau allongé, et les extrêmes, tête très courte comme tête très longue, sont des créations récentes de la sélection. Le dolichocéphale moderne allonge simplement encore le museau.

Dolichocéphale : la position d'Animalert

Chez Animalert, nous ne défendons aucune race contre une autre : nous regardons ce que la forme d'un corps coûte, ou épargne, à l'animal qui l'habite. Le dolichocéphale nous intéresse pour cette raison. Il montre, à l'autre bout de l'axe, à quoi ressemble une tête que l'on n'a pas eu à corriger pour qu'elle respire.

Le lien entre la forme du museau et la santé n'a rien d'une impression : il est graduel et mesurable, et le risque respiratoire suit la longueur du nez.

Reste la question de ce que cela change au quotidien. La difficulté à respirer se paie surtout quand il fait chaud, car un chien qui surchauffe n'a guère que le halètement pour se rafraîchir. Comme le documentent Hall et coll., la forme du crâne pèse lourd dans le risque de coup de chaleur, et le museau long tient l'animal du bon côté.

« La forme brachycéphale (crâne écrasé, museau court) ressort comme un facteur de risque marqué de coup de chaleur chez le chien. »
(Hall, E. J., Carter, A. J., & O'Neill, D. G. (2020). Incidence and risk factors for heat-related illness (heatstroke) in UK dogs under primary veterinary care in 2016. Scientific Reports, 10, 9128.)

Notre position : ce qui compte n'est pas la longueur d'un museau, mais qu'aucun corps ne soit façonné pour l'apparence au détriment de sa santé. Le museau long n'est pas un idéal à sélectionner à son tour. À caractère et mode de vie équivalents, un animal au museau fonctionnel échappe d'emblée à l'un des fardeaux respiratoires les mieux documentés de l'élevage moderne. Nous soutenons un élevage guidé par le bien-être, jamais par l'esthétique.