Tortue trouvée : que faire pour retrouver sa famille
Une tortue trouvée vient presque toujours du jardin d'à côté : diffusez son signalement Animalert, puis appelez la mairie et la DDPP de votre département.

Une tortue trouvée vient presque toujours du jardin d'à côté : diffusez son signalement Animalert, puis appelez la mairie et la DDPP de votre département.

Vous venez de trouver une tortue ? Elle vient presque certainement d'un jardin voisin. Notez l'endroit exact où vous l'avez vue, mettez-la à l'abri sans la nourrir, diffusez son signalement autour de ce point, puis appelez la mairie.
Si elle a les pattes palmées et qu'elle sortait d'un point d'eau, cette page n'est pas la bonne : une tortue aquatique ne se garde pas, ne se donne pas et ne se remet pas à l'eau au hasard, et la réglementation qui la concerne est à part.
Tout tient à la répartition de l'espèce. La DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur le formule sans détour : la tortue d'Hermann est la seule tortue terrestre sauvage encore présente sur le territoire français métropolitain, et son habitat se concentre exclusivement dans le Var et en Corse.
Partout ailleurs, une tortue qui traverse une pelouse a franchi un grillage. C'est vrai jusque dans les départements limitrophes : la fiche espèce du site Natura 2000 Val d'Argens note qu'aucune population sauvage digne de ce nom n'a été identifiée dans les Bouches-du-Rhône ni dans les Alpes-Maritimes, et que les individus qu'on y observe sont des animaux échappés ou relâchés.
Un second indice se lit directement sur la carapace. Des écailles qui poussent en bosses, en dos de dragon, traduisent une croissance anormale et signalent, toujours selon cette fiche, un animal issu de captivité.
Si vous êtes dans le Var ou en Corse et qu'elle traverse un milieu naturel, la question se renverse : c'est probablement une tortue sauvage, et la préfecture du Var demande alors de ne pas la déplacer, ne pas la prélever et ne pas la nourrir.
Une tortue terrestre ne fugue pas comme un chien. Elle est sédentaire, et reste fidèle toute sa vie au même domaine : un cercle de 45 à 90 mètres de rayon autour de l'endroit où elle vit.
Elle marche pourtant beaucoup : environ 80 mètres par jour, une douzaine de kilomètres sur l'année. Simplement, ce trajet tourne à l'intérieur de son domaine, et le soir elle se retrouve à dix ou trente mètres de son point de départ.
Et une tortue déplacée cherche à rentrer. Emportée à quelques centaines de mètres, voire à un kilomètre et demi, elle regagne son domaine en ligne presque droite, à un rythme voisin de 70 mètres par jour.
Autrement dit, le périmètre à prévenir n'est pas la commune : ce sont les maisons que vous voyez depuis l'endroit où vous l'avez trouvée. Une affiche à l'autre bout de la ville sert moins que trois boîtes aux lettres de la même rue.
Un réflexe compte donc plus que les autres : notez le lieu exact, à la rue près, et ne l'emmenez pas plus loin que nécessaire. Ce point est le seul fil qui la relie à sa famille, et il s'efface dès qu'elle change de quartier en voiture.
Le réflexe habituel ne s'applique pas ici. L'article L.211-24 du code rural oblige chaque commune à disposer d'une fourrière pour les chiens et chats trouvés errants ou en état de divagation. Une tortue n'entre pas dans cette phrase, et aucune fourrière n'a l'obligation de l'accueillir.
Même constat du côté de l'information officielle : la fiche Service-Public consacrée à un animal errant trouvé traite des chiens et des chats, et ne dit rien des autres espèces. Il n'existe donc pas, pour une tortue, l'équivalent du fichier que le vétérinaire interroge pour un chat pucé.
Ce qui reste, c'est le voisinage, et c'est précisément ce que couvre un signalement Animalert : la carte prévient les personnes qui vivent autour du point où vous l'avez trouvée, vous choisissez simplement l'espèce Tortue, et la famille qui la cherche depuis la veille voit apparaître votre annonce sans avoir à appeler qui que ce soit.
Une tortue détenue légalement est identifiée. L'arrêté du 8 octobre 2018 impose un marquage individuel et permanent aux reptiles protégés, tortue d'Hermann comprise : en pratique, un transpondeur posé par un vétérinaire. N'importe quel cabinet passe un lecteur en une minute.
Photographiez le plastron, c'est-à-dire le dessous de la carapace. Le dessin y est propre à chaque animal : c'est le seul détail qui distingue vraiment une tortue d'une autre, et celui qui permettra à une famille de confirmer que c'est bien la sienne, photo contre photo.
Ne comptez pas, en revanche, sur le fichier national qui devrait relier cette puce à un nom. Ses enregistrements sont suspendus depuis début 2025, et le ministère de la Transition écologique l'indiquait encore fin août 2026. La puce vaut toujours la peine d'être lue, mais elle ne déclenchera pas l'appel automatique qu'un chat pucé déclencherait.
Une fois le voisinage prévenu sur Animalert, il reste à la signaler officiellement. Pour une tortue trouvée en dehors des zones sauvages du Var et de la Corse, c'est-à-dire le cas de presque tout le monde, l'ordre est le suivant.
La mairie d'abord. C'est au maire que revient la gestion des animaux d'espèce sauvage apprivoisés ou tenus en captivité trouvés errants. La mairie enregistre l'animal et fait courir le délai pendant lequel sa famille peut se manifester.
La DDPP ensuite. La direction départementale de la protection des populations est le service compétent pour les espèces non domestiques : elle reçoit les déclarations de détention et, en Gironde, elle récupère elle-même les tortues terrestres trouvées en divagation dans le département. Vous trouverez celle de chez vous dans l'annuaire officiel des services.
L'OFB, non. L'Office français de la biodiversité est la police de l'environnement : ses inspecteurs constatent les infractions et veillent au respect de la convention sur le commerce des espèces menacées. Ce n'est pas le guichet d'un particulier qui vient de trouver une tortue.
La pratique varie d'un département à l'autre, et le service qui répond en Gironde n'est pas nécessairement celui qui répondra chez vous. L'annuaire ci-dessus donne le bon interlocuteur, et la mairie sait vers qui basculer l'appel.
Le plus simple est le mieux : un carton, posé au calme, à l'écart des enfants et des autres animaux de la maison. Et rien à manger ni à boire tant qu'un vétérinaire n'a pas donné son avis.
Cette dernière consigne surprend, et elle est pourtant celle à suivre. La préfecture du Var la justifie en une ligne : ces tortues sont habituées à vivre des semaines sans boire ni manger.
Si elle paraît déshydratée, la mesure officielle est précise : 4 à 5 cm d'eau, dix minutes, au calme et à l'ombre. Pas de bassine profonde, pas d'aquarium : une tortue terrestre ne nage pas, et le niveau doit rester sous sa tête.
Lavez-vous les mains avant et après l'avoir manipulée, les enfants aussi : c'est autant pour elle que pour vous.
Non, et aucun formulaire ne rattrape cela : une tortue trouvée appartient déjà à une famille. La déclaration de détention existe pour une tortue acquise légalement, pas pour régulariser un animal ramassé dans la rue.
Cette déclaration est d'ailleurs obligatoire dès la première tortue (annexe 2 de l'arrêté du 8 octobre 2018) et se dépose en préfecture avec le cerfa 15967*03 ; au-delà de six animaux s'y ajoutent un certificat de capacité et une autorisation d'ouverture d'établissement.
La tortue d'Hermann étant inscrite à l'annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages, sa vente réclame en plus un certificat délivré par la DREAL. Une tortue qui passe de main en main entre voisins « en attendant » n'a rien de tout cela.
Et il ne faut surtout pas la relâcher. La préfecture du Var l'interdit explicitement, et le motif est double : un animal élevé en captivité peut introduire des maladies dans la dernière population sauvage du pays, et brouiller son patrimoine génétique.
Deux infractions se cachent derrière ce réflexe, et les confondre est l'erreur la plus répandue sur le sujet. Relâcher dans la nature une tortue d'Hermann, espèce protégée, tombe sous l'article L415-3 du code de l'environnement : la préfecture du Var chiffre le délit à jusqu'à trois ans de prison et 150 000 euros d'amende.
L'abandon d'un animal tenu en captivité relève, lui, de l'article 521-1 du code pénal : trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende, portés à cinq ans et 75 000 euros si l'animal y laisse la vie. Ni la remettre dehors ni la confier au premier venu n'est donc une option.
En Gironde, la DDPP récupère les tortues terrestres trouvées en divagation, attend huit jours qu'un propriétaire se manifeste, puis les propose à l'adoption.
Les candidats déposent d'abord une déclaration auprès de la DDPP, en détaillant l'enclos, l'hivernage, la protection contre les prédateurs et le suivi vétérinaire, et les animaux adoptés ne doivent pas se reproduire. L'identification est facturée 40 euros pour un sujet trop petit pour être pucé, contrôle sanitaire seul, et 130 euros lorsque la puce est posée dans la foulée.
Le refuge, lui, n'est pas une solution de repli. Le Village des Tortues de Carnoules reçoit chaque année des demandes pour 2 500 à 3 000 tortues et écrit noir sur blanc qu'il n'est pas en capacité de toutes les recueillir.
Sa procédure demande d'ailleurs un courriel avec photo de la carapace, photo du plastron et lieu exact, jamais une arrivée à l'improviste avec l'animal.
C'est une raison de plus de consacrer les premiers jours au voisinage plutôt qu'aux structures : dans la majorité des cas, la famille est à portée de voix, et elle n'a pas encore pensé à chercher au bon endroit.
Elle vient d'à côté. Une tortue terrestre reste toute sa vie dans un cercle de 45 à 90 mètres de rayon, et une tortue déplacée cherche à y revenir. Notez le lieu exact, ne l'éloignez pas, et prévenez ce périmètre : son affiche et votre signalement Animalert y suffisent, photo du plastron en évidence.
La mairie, puis la DDPP. Aucun fichier ne s'en chargera à votre place : la fourrière ne couvre que les chiens et les chats, et les enregistrements du fichier national des espèces protégées sont suspendus depuis début 2025. La mairie enregistre l'animal trouvé, la DDPP de votre département instruit la suite, l'OFB est la police de l'environnement et pas un guichet.
Ni la garder, ni la relâcher. Une tortue trouvée appartient déjà à une famille, et détenir la sienne suppose de toute façon une déclaration en préfecture. La relâcher dans la nature est un délit distinct de l'abandon : jusqu'à trois ans de prison et 150 000 euros d'amende pour une espèce protégée, contre 45 000 euros pour l'abandon d'un animal captif. Si personne ne se manifeste, l'adoption passe par la DDPP.
Et si c'est votre tortue qui manque à l'appel, tout est dans tortue perdue, que faire. Pour les espèces couvertes par le fichier national, la marche à suivre est dans animal trouvé : est-il pucé.
Non, et aucun formulaire ne transforme un animal ramassé en animal à soi : une tortue trouvée appartient déjà à une famille. Détenir légalement une tortue terrestre suppose par ailleurs une déclaration en préfecture dès le premier spécimen, et la tortue d'Hermann, la plus répandue en France, figure à l'annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages, ce qui soumet sa vente à un certificat délivré par la DREAL. La voie légale passe par la DDPP de votre département, qui peut proposer l'animal à l'adoption si personne ne le réclame.
Au voisinage d'abord : l'animal ne s'éloigne pas de son jardin d'origine, et un signalement géolocalisé sur Animalert touche exactement les rues où sa famille le cherche. Côté administration, la mairie enregistre l'animal trouvé et la DDPP de votre département est le service compétent pour les espèces non domestiques. L'OFB, souvent cité, est la police de l'environnement, pas un guichet pour un animal trouvé.
Elle devrait l'être. L'arrêté du 8 octobre 2018 impose un marquage individuel et permanent à tout spécimen détenu légalement, en général un transpondeur, et prévoit une photographie datée du plastron pour les sujets trop petits. Un vétérinaire passe un lecteur en une minute. Le fichier national qui devrait faire le lien est en revanche à l'arrêt : le ministère indiquait toujours, fin août 2026, que les enregistrements sont suspendus depuis la fermeture de l'ancien portail, début 2025.
Rien, le temps de joindre sa famille ou un vétérinaire : ces animaux sont habitués à vivre des semaines sans boire ni manger, et rien ne doit lui être proposé avant l'avis d'un vétérinaire. Si elle paraît déshydratée, la préfecture du Var donne la mesure : 4 à 5 cm d'eau, dix minutes, au calme et à l'ombre, jamais une bassine profonde.
La géographie répond presque toujours. La tortue d'Hermann est la seule tortue terrestre sauvage de France métropolitaine et ses populations ne subsistent que dans le Var et en Corse : ailleurs, un individu croisé dans un jardin vient de chez quelqu'un. Un second indice se lit sur la carapace, dont les écailles qui poussent en bosses, en dos de dragon, signalent une croissance en captivité.