Perruche envolée : que faire pour la retrouver
Perruche envolée : les gestes des premières heures. Sortez sa cage bien en vue, faites-lui entendre ses cris, cherchez en hauteur, diffusez son affiche.

Perruche envolée : les gestes des premières heures. Sortez sa cage bien en vue, faites-lui entendre ses cris, cherchez en hauteur, diffusez son affiche.

Votre perruche s'est envolée, et les prochaines heures comptent. Trois gestes se lancent en même temps : sortez sa cage ouverte et bien visible, faites-lui entendre des voix qu'elle connaît, et diffusez son affiche pour que le quartier lève les yeux.
Perruche ondulée, calopsitte, gris du Gabon, ara : la méthode est la même pour tous. Seules changent la distance qu'ils peuvent couvrir et la paperasse qui les suit.
Si elle est encore dans votre champ de vision, vous tenez la meilleure information de la recherche. Ne courez pas sous elle : suivez-la des yeux le plus longtemps possible, et appelez-la pendant qu'elle vole, de la voix que vous prenez à la maison. Barbara Heidenreich, spécialiste du comportement des perroquets, recommande cet appel en vol, qui peut infléchir sa trajectoire.
Notez trois choses avant même de bouger : la direction prise, la hauteur à laquelle elle volait, et l'arbre ou le toit exact où elle s'est posée. Personne d'autre que vous ne l'a vu.
Et si vous ne l'avez pas vue partir, ou si elle a disparu derrière les toits en trois secondes : vous n'avez rien raté. Ces repères font gagner du temps, ils ne commandent rien. Tout ce qui suit part du seul point que vous connaissez de toute façon, la fenêtre ou la cage par laquelle elle est sortie.
Une fois posée quelque part, elle ne bouge presque plus. C'est ce qui vous laisse le temps de vous organiser.
Perchée en hauteur, elle se sent en sécurité, et redescendre vers un humain resté au sol n'a rien d'évident pour un oiseau qui a peur. Ce n'est pas de la mauvaise volonté : c'est vous qui allez lui en donner envie.
Une perruche se cherche à deux vitesses : vous en bas, et le quartier autour de vous. La seconde moitié ne démarre que si les gens savent quoi regarder et qui prévenir, donc l'annonce passe avant le repérage.
L'annonce d'un oiseau n'est pas celle d'un chat. Ce qui compte tient en quelques points :
Une photo nette, de profil : on reconnaît un oiseau à sa couleur et à son masque, pas à sa silhouette.
Sa couleur exacte : une ondulée bleue et une ondulée verte ne se cherchent pas de la même façon, et le mot « perruche » ne décrit rien à lui seul.
Sa bague et son numéro, si elle en porte une : c'est le seul identifiant qu'elle emporte avec elle.
L'heure et le point de l'envol : la fenêtre, le balcon, la rue. Quelqu'un qui l'aperçoit trois cents mètres plus loin saura que cela se tient.
La consigne pour qui l'aperçoit : ne pas tenter de l'attraper, ne pas la déloger de son perchoir, vous appeler et la garder à l'œil.
Les endroits où l'afficher : les commerces du quartier acceptent presque toujours une annonce en vitrine, et une perruche intrigue, c'est le genre d'affiche que les gens lisent vraiment. Pensez aussi aux boîtes aux lettres de votre immeuble et de ceux d'en face.
Ne promettez pas de récompense. Une somme d'argent attire surtout de fausses pistes et des tentatives d'arnaque, et elle n'ajoute rien : quelqu'un qui voit une perruche posée sur sa gouttière appelle parce que la situation lui saute aux yeux, pas contre de l'argent.
C'est la manœuvre qui ramène le plus d'oiseaux, et celle à laquelle on pense le moins. Votre perruche ne cherche pas « la maison », elle cherche son groupe. Un cri de contact, c'est exactement cela : un oiseau qui demande où sont les autres. Tout ce qui lui répond la ramène vers vous.
Du plus efficace au plus improvisé :
Sa cage, ouverte et en hauteur : sur un balcon, un rebord, une table de jardin, bien dégagée pour être vue du ciel. Dedans, ses graines habituelles, une grappe de millet, de l'eau et deux ou trois de ses jouets.
Ses compagnons de volière, dehors : si elle vit avec d'autres oiseaux, sortez-les dans une seconde cage, à côté. Des oiseaux qui s'appellent entre eux, c'est le signal le plus fort dont vous disposez.
Un enregistrement de ses propres cris : fouillez la galerie de votre téléphone. La vidéo prise un jour où elle chantait dans son bain fait très bien l'affaire, et il suffit de la passer fort, par séquences d'une minute.
Et si vous n'avez jamais rien enregistré : ce n'est pas perdu. Des cris de contact de son espèce se trouvent en ligne, et les guides de recherche conseillent exactement cela, des sons de perroquets enregistrés par vous ou téléchargés. À défaut, votre propre voix : elle la connaît par cœur.
Une fenêtre laissée ouverte, avec la cage visible depuis l'extérieur, pour les retours de nuit ou de petit matin.
Entre deux séquences, taisez-vous complètement et écoutez. Une perruche répond souvent avant de se montrer, et sa réponse vous donne une direction que vos yeux ne trouveraient pas.

Si elle se pose sur la cage sans y entrer, ne vous précipitez surtout pas. Une ficelle attachée à la porte, tenue depuis quelques mètres, permet de refermer sans approcher ni l'effrayer.
Un oiseau échappé donne l'impression d'être parti très loin. C'est rarement le cas.
Cherchez donc court, mais cherchez en l'air. Même si cela paraît contre-intuitif quand on a l'habitude des chats, ce n'est pas une recherche horizontale : votre perruche n'est pas trois rues plus loin dans un buisson, elle est douze mètres au-dessus de vous, immobile, dans la cime d'un platane ou sur une antenne.
Levez les yeux : cimes, toitures, gouttières, antennes, câbles, échafaudages.
Sortez à l'aube et au crépuscule : ce sont les moments où les oiseaux donnent de la voix, avant le lever du jour et après le coucher du soleil. En plein milieu de journée, une perruche perchée peut rester muette des heures.
Avancez lentement, puis arrêtez-vous : dix pas, une pause, on écoute. Un cri de contact porte loin, mais il est très bref.
Passez dans les jardins et les cours : demandez aux voisins de regarder chez eux, un oiseau posé sur un fil reste invisible depuis la rue d'en face.
Dernier repère, et il évite des kilomètres inutiles : dans plusieurs grandes villes françaises vivent des perruches à collier en liberté, issues d'oiseaux captifs échappés ou relâchés, que l'Office français de la biodiversité classe parmi les espèces exotiques envahissantes.
Une grande perruche verte à longue queue qui traverse le ciel parisien ou marseillais en criant est donc très probablement l'une d'elles, et pas la vôtre. C'est aussi pour cela qu'une photo nette et ses signes distinctifs comptent autant sur votre signalement Animalert : sans eux, personne ne peut trancher entre un oiseau du quartier et le vôtre.
Vous l'avez localisée. C'est maintenant que la patience compte plus que tout le reste, parce que chaque envol supplémentaire l'éloigne et épuise un peu plus un oiseau qui a déjà peur.
Les mêmes heures reviennent, mais pour une autre raison : ce n'est plus le moment où elle se fait entendre, c'est le moment où elle bouge. Selon Barbara Heidenreich, un oiseau échappé est en général prêt à revoler vers 8 h 30 ou 9 h du matin.
Le second créneau compte encore davantage. Une perruche perchée revole le plus souvent peu avant le coucher du soleil, puis se fixe pour la nuit : c'est votre dernière fenêtre de la journée, donc soyez sur place avant, avec la cage et de quoi la nourrir.
Elle redescendra vers ce qu'elle reconnaît, sa cage, ses graines, votre voix. Elle ne redescendra pas vers quelqu'un qui avance sur elle : lui courir après ne produit qu'une chose, elle repart plus haut et plus loin.
Gestes lents, voix basse : parlez-lui comme à la maison, sans lever les bras d'un coup, et sans crier même si l'angoisse monte.
Une seule personne devant, celle qu'elle connaît le mieux. Un attroupement la fige.
Rentrez les chats et les chiens, les vôtres et, si vous pouvez le demander, ceux des voisins.
Gardez une serviette et la cage à portée : un oiseau qui se pose sur votre épaule peut repartir dans la seconde.
Ne secouez pas la branche et n'essayez pas de la déloger au jet d'eau. Un oiseau mouillé vole mal et peut se poser n'importe où, hors de portée pour la nuit. Ne visez jamais un oiseau posé sur un câble électrique. Et si elle est haut dans un arbre, un élagueur équipé ira la chercher bien mieux que vous, et sans risque.
Pour un chien ou un chat, la puce et le fichier national font une partie du travail à votre place. Pour une perruche, ce filet n'existe pas, et cela change ce que vous avez à faire : l'I-CAD, le fichier national d'identification, ne recense que les chiens, les chats et les furets.
Il n'existe pas d'équivalent pour une perruche ondulée ou une calopsitte. Dans la liste officielle des espèces domestiques, leurs variétés d'élevage sont des animaux domestiques ordinaires, sans identification obligatoire.
Autrement dit, aucun fichier national ne cherchera votre perruche à votre place : ce sont votre signalement sur Animalert et votre affiche qui en tiennent le rôle. Le reste du secteur se prévient de vive voix.
Signalez-la sur Animalert : votre annonce reste visible pour qui croisera un oiseau sans savoir qui le cherche, et vous êtes prévenu dès que quelqu'un signale un animal trouvé autour de vous.
Regardez les oiseaux déjà signalés trouvés : quelqu'un a peut-être publié, à deux rues de chez vous, une perruche qui ressemble à la vôtre.
Les vétérinaires du secteur, même ceux qui ne soignent pas les oiseaux : c'est le premier numéro que compose une personne qui recueille un animal.
Les animaleries : une personne qui recueille une perruche part aussitôt y chercher une cage et des graines.
La mairie et la police municipale, qui centralisent les signalements du secteur.
Le centre de soins pour la faune sauvage le plus proche, où les oiseaux exotiques trouvés en ville sont régulièrement signalés.
Pour un grand perroquet, il existe en revanche un fichier. Un gris du Gabon, un ara, un cacatoès ou une amazone sont des espèces non domestiques inscrites à la CITES, la convention sur le commerce international des espèces menacées.
Leur détention impose donc un marquage, bague fermée ou transpondeur, et un enregistrement au fichier i-fap, le fichier d'identification de la faune sauvage protégée, géré pour le compte du ministère de la Transition écologique.
Ce fichier accepte les déclarations de perte, de vol, de cession et de décès. Déclarez la perte, et gardez votre numéro de bague sous la main : c'est lui qui vous relie à votre oiseau le jour où quelqu'un le retrouve.
Elle revient vers ce qu'elle reconnaît, et ce qu'elle reconnaît, c'est vous, vos appels et sa cage, pas une adresse vue du ciel. C'est tout l'intérêt du rappel : le point de repère, c'est vous. Souvent, l'oiseau est d'ailleurs retrouvé dans les vingt-quatre heures qui suivent sa disparition.
Passé ce délai, personne ne peut vous annoncer un calendrier fiable : il dépend de la météo, des prédateurs et de sa chance de trouver de l'eau. Ce qui est certain, c'est que chaque nuit dehors ajoute un risque : le froid, les chats, les corneilles, les rapaces.
L'effort maximal se place donc tout de suite, tant qu'elle est encore près de chez vous, et non dans une semaine. Cela dit, ne renoncez pas trop tôt : des oiseaux sont récupérés bien plus tard, souvent nourris entre-temps par quelqu'un qui ignorait d'où ils venaient.
Retrouver une perruche tient à trois gestes, et ils se jouent tous le premier jour : diffuser vite une annonce que le quartier peut lire, sortir sa cage et lui faire entendre sa voix ou celle de ses compagnons, et être présent au crépuscule, quand elle revole avant la nuit.
Une perruche ne « vit pas libre » dehors : la plupart ne passent pas l'hiver, et celles qui survivent forment des populations que l'on cherche ensuite à contenir. Un oiseau envolé n'est pas un oiseau affranchi, c'est un oiseau perdu.
Si c'est un chat ou un chien que vous cherchez, les premières heures se jouent autrement : voyez chat perdu, que faire et chien perdu, que faire.
Rarement sans un coup de pouce. Un oiseau de cage revient vers ce qu'il reconnaît, vos appels et sa cage, pas vers une adresse repérée du ciel. Sortez la cage ouverte et bien visible, appelez par séquences d'une minute puis laissez le silence, et laissez une fenêtre ouverte. Beaucoup d'oiseaux sont retrouvés dans les vingt-quatre premières heures.
Regardez d'abord vos vidéos : la plupart des gens en ont une où l'oiseau chante, et le son suffit. Sinon, des cris de contact de l'espèce se trouvent en ligne et font le même travail, celui de signaler un groupe. Et votre propre voix reste un excellent appel, à condition de parler normalement plutôt que de crier.
Impossible d'annoncer un délai fiable : cela tient à la saison, aux prédateurs du secteur et à l'eau qu'elle trouve ou non. Ce qui est sûr, c'est que le risque grimpe à chaque nuit dehors, donc l'effort maximal se place dans les toutes premières heures. Des oiseaux sont pourtant repris après plusieurs semaines, quelqu'un les ayant nourris sans savoir d'où ils venaient.
En lui donnant une raison de venir à vous, pas en la dérangeant. Posez sa cage ouverte et bien visible au pied de l'arbre, avec ses graines et de l'eau, alternez les appels et les temps d'écoute, et tenez-vous prêt en fin d'après-midi : c'est le moment où elle revole avant la nuit. Ne secouez pas la branche, n'utilisez pas de jet d'eau.
Non. Chiens, chats et furets sont les seules espèces que ce fichier national recense, et un oiseau n'y a pas de place. Pour une perruche ondulée ou une calopsitte, votre signalement et votre affiche jouent ce rôle. Pour un grand perroquet marqué et enregistré au fichier i-fap, en revanche, la perte se déclare bien sur ce portail.
C'est le seul identifiant qu'il emporte avec lui. Une bague fermée est posée à la naissance et ne s'enlève plus : son numéro est ce qui vous relie à votre oiseau, et il figure sur votre enregistrement au fichier i-fap si son espèce en relève. Notez-le maintenant, et inscrivez-le sur l'annonce.